MODIGLIANI A L’HONNEUR AU LAM DE VILLENEUVE D’ASCQ
Mon premier s’inscrit dans le cadre de mes escapades, marquées du sceau de la Culture (sous toutes ses formes) , surnommées Quand Art Rime avec Voyage sur le blog.
Une rubrique, née le 1er octobre 2014, où je partage avec vous mes découvertes muséales ainsi que mes expositions coup de cœur.
Estampes japonaises, Nanas Saint Phallienne, Statuaire ivoirienne ou nigériane, photographies témoignant d’une réalité occultée ou mettant en lumière des sujets préalablement choisis , Art contemporain suscitant la controverse ou méconnu ainsi que rétrospective consacrée à un peintre espagnol de génie : voici quelques uns des thèmes déjà évoqués à ce titre.
Mon second est un superbe musée, dont j’ignorais pourtant l’existence il y a encore trois semaines, du nord de la France.
Situé dans la ville de Villeneuve d’Asq, à quelques kilomètres de Lille, le Lille Métropole Musée d’Art Moderne, d’art contemporain et d’art brut (LAM) (inauguré en 1983) est incontestablement, avec ses milliers de chefs d »œuvres des 20 XX et XXI eme siècle répartis en 3 collections, l’un des joyaux culturels de la région.
En premier lieu pour son étonnante architecture, ouvrant sur l’extérieur, composée d’un bâtiment principal construit par l’architecte Roland Simounet


puis d’une extension bâtie, quant à elle, par l’architecte Manuelle Gautrand.

édifice Manuelle Gautrand
Les sculptures de grands maîtres, au rang desquels Picasso, Calder et Deacon, installées dans le parc (libre d’accès à la promenade) qui l’entoure constituent son second attrait.

Richard Deacon, Between Fiction and Fact

Calder
Une mise en scène qui annonce la beauté des fabuleuses collections, issues pour la plupart de donations dont celle du collectionneur d’art Roger Dutilleul, qui sont exposées dans les salles du musée.
Picasso, Buren, Léger, Lipchitz, Braque, Buffet, Laurens, Leroy, Dodeigne, Van Dongen, Rouault, Klee, Simon, Flanagan, Sanejouand, Robillard,Corbaz, Lesage, Robillard sont quelques uns des génies qui vous y attendent.
Mon tout, enfin, est l’exceptionnelle exposition temporaire, organisée en collaboration avec les musées nationaux, se tenant actuellement ( et jusqu’au 5 juin 2016) au LAM, que j’ai décidé (en dépit des froides températures sévissant alors dans le nord de la France) d’aller découvrir le week-end dernier.
Une escapade que je ne regrette absolument pas tant j’ai été émerveillée par cette magnifique rétrospective consacrée à l’un des peintres phare de l’Ecole de Paris.
Datant du début des années 20, cette dénomination (que l’on doit à un critique d’art) désigne l’ensemble des artistes d’avant garde (au style différent) français mais également immigrés étrangers en provenance de toute l’Europe qui élirent domicile, au début du 20 ème siècle, dans les ateliers parisiens de Montparnasse (la Ruche) ou de la Butte Montmartre (Bateau Lavoir) afin d’ y étudier et d’y vivre de leur art.
(Paris étant alors, en effet, considérée comme la capitale de l’Art)
Chagall, Soutine, Matisse, Kisling, De Lempicka, et Picasso, des génies loin de nous être inconnus, appartenaient ainsi à cette mouvance.
Sculpteur et (surtout) peintre italien dit « maudit », atteint de tuberculose et décédé, en 1920 (dans la fleur de l’âge) à Paris (où il résidait depuis 1906), sans avoir connu le succès, Amedeo Modigliani, puisque c’est de lui dont il sera question aujourd’hui, est pourtant un génie du XX eme siècle à l’univers unique et au style reconnaissable entre mille !
Ainsi, suivre le parcours de l’exposition « Amedéo Modigliani, l’œil intérieur » c’est :

exposition temporaire actuellement en cours au LAM
S’assurer (après celle lui ayant été consacrée, fin 2002, au Musée parisien du Luxembourg) de percer, à travers la centaine de ses peintures et dessins ici présentés ainsi que les œuvres de quelques uns de ses contemporains (à l’instar de Brancusi ou Soutine), les mystères de sa quête artistique marquée par la recherche d’une forme idéale de beauté.
Mesurer l’influence prégnante de la sculpture dans le cheminement de cet artiste et réaliser à quel point l’œuvre du sculpteur roumain Brancusi a fait office de catalyseur à ce titre.
Découvrir, ensuite, qu’outre les sculptures grecque, archaïque et égyptienne, les arts premiers (en l’occurrence khmer ainsi que les masques sculptés d’Afrique noire tels ceux de Cote d’Ivoire ou du Gabon) sont les principales sources dans lesquelles Modigliani a puisé son inspiration pour concevoir la forme ( caractérisée notamment par un allongement du visage, une forme ovoïde, des yeux ovales, un nez droit, l’ absence de pupilles, un sourire du bouddha et de très fines bouches) de ses visages et de ses corps.
dessin cariatide


dessin femme nue vue de face


tête de face
S’extasier, ensuite, devant sa série de nus, d’après modèles, qui furent, en leur temps, l’objet d’immenses scandales.
Nu assis


Nu à la chemise
Et se laisser, in fine, envoûter par l’indicible charme de ses portraits (lumineux sur fond sombre, aux visages ovales, aux longs cous et aux sourires énigmatiques) d’anonymes, de proches (dont sa dernière épouse, Jeanne Hébuterne représentée ci-dessous avec leur fille, qui se suicida au lendemain de la mort de Modigliani)
Maternité

ou encore d’amis artistes, intellectuels ou collectionneurs (tels Roger Dutilleul, marchand d’art amoureux du travail de Modigliani, qui acquit plusieurs de ses œuvres faisant désormais partie de la collection permanente du LAM ou encore Zborowski) lesquels représentent le cœur de son œuvre.
Tête rouge


portrait de l’artiste en costume de Pierrot

Femme au ruban de Velours

Antonia

portrait de Chaim Soutine par Modigliani

Raimondo

Manuel Humbert par Modigliani

jeune fille aux yeux bleus

Zborowski à la canne

Femme au col blanc

Garçon en culotte courte

la bourguignonne

portrait de femme

portrait d’une jeune femme

femme assise à la robe bleue
« Amedéo Modigliani, l’œil intérieur », une exposition temporaire qui démontre le génie d’un peintre dont la carrière fut pourtant brève !
Un must see !

