SAINT-LOUISIENNES, SAINT-LOUISIENS : L’AME DE NDAR

Pêcheur, Ndar
J’ai longtemps rêvé de me perdre dans les rues de Ndar.
Cette ville sénégalaise, au charme suranné, qui sans que je ne la connaisse encore m’évoquait pourtant deux autres cités ouest-africaines, chères à mon cœur, avec lesquelles elle semblait partager tant de similitudes :
Aného, la togolaise, ancrage de mes racines maternelles, et Grand Bassam, l’ivoirienne, théâtre d’innombrables souvenirs liés à mes enfance et adolescence abidjanaises.
Aného . Grand-Bassam . Saint-Louis du Sénégal ( ou Ndar en Wolof):
Trois anciennes capitales coloniales;
Trois cités, à l’identité marquée, se dévoilant, entre lagunes ou lac d’une part et océan de l’autre, au fil de l’eau;
Trois localités entre autre marquées par l’économie de la pêche;
Trois territoires aujourd’hui en pleine mutation.
Cet été, mes pas m’ont donc menée jusqu’à Saint-Louis du Sénégal, deuxième escale de mon roadtrip au Pays de la Teranga.
Une inoubliable semaine durant laquelle, à pied, en calèche, en pirogue et en voiture, j’ai exploré cette, si, singulière ville, dont je vous reparlerai très bientôt, aux mille et un visages.
Et si j’ai choisi d’employer ce dernier substantif, plutôt qu’un autre, c’est bien à dessein.
Car de visages il sera, en effet, question, au sens le plus littéral du terme, dans ce premier billet du blog consacré à cette aussi mythique qu’irrésistible ville du nord Sénégal.

Femmes, hommes, enfants, de tout âge, figures emblématiques ou illustres inconnu(e)s qui, chacun à leur manière, révèlent l’âme de Ndar, en plus d’en dessiner, depuis des siècles, avec fierté l’identité.

Un regard échangé, un sourire esquissé.
Un rire tonitruant, une conversation à bâtons rompus.
Un moment d’intimité partagé, une invitation proposée.
Une anecdote racontée, une étreinte inattendue.
Une posture, outre une démarche, soulignant toute l’élégance du vêtement porté,




d’immémoriaux gestes, témoignant de précieux savoir-faire artisanaux, admirés.
Des client(e)s marchandant au cœur et aux abords des marchés .
D’évanescentes silhouettes capturées,




des portraits posés.
Entre pêcheurs naviguant sur le fleuve Sénégal, rapiéçant leurs filets, préparant leurs appâts sur les berges ou réparant leurs embarcations,



Adolescents imitant les dribbles du joueur Sadio Mane, incontournable attaquant des Lions de la Teranga,

conducteurs de calèches ou charretiers,


tisserand aux mains expertes perpétuant un immémorial savoir-faire,

vendeuses de poissons partant à l’assaut des cargaisons, de poissons et fruits de mer, rapportées par les pirogues fraichement rentrées de leurs sorties nocturnes ou matinales,

jeune musicien,

artiste reconnu,

Zeus, renommé artiste saint-louisien
enfants du quartier des pêcheurs de Guet N’Dar ayant, dans l’attente de leur future participation aux célèbres régates saint-louisiennes, fait des pirogues parentales leur terrain de jeu fluvial,


cyclistes, de 7 à 77 ans, parcourant les rues,

jeune garçon devisant avec ses voisins depuis les fenêtres du logis familial,

vendeurs de café Touba, commerçantes de noix de cajou ou d’arachides sucrées,

femmes vaquant, d’un pas assurément alerte, à leurs occupations,


apprentis de cars rapides

et motards pressés.



Saisies ou non sur le vif, ces scènes du quotidien partagent un dénominateur commun : celui de raconter un Saint-Louis plus vivant que jamais.
Où le dialogue entre legs du passé et ancrage dans la modernité n’a en réalité jamais cessé, au fil des rues empruntées et quartiers traversés, de se perpétuer.
A vous Saint-Louisiennes et Saint-Lousiens, fiers ambassadeurs de Ndar , gardiens de sa mémoire et acteurs de son renouveau , qui m’avez , autour, au détour, au croisement ou en face , d’une rue , d’un ataya , d’un ceebu jen , d’une pièce d’artisanat, d’un ouvrage ou d’une bâtisse coloniale , même décatie, passionnément racontée votre ville , mêlant à la grande Histoire des récits plus intimes, jerejef !
Merci d’avoir confirmé cette intuition, m’ayant habitée bien avant de pouvoir flâner en son coeur, que la tricentenaire ville de Saint-Louis du Sénégal, enveloppant d’emblée les visiteurs de son charme, est de celles qui, par ses mille et unes facettes, vous marquent de manière indélébile .
Une empreinte qu’il me tarde plus amplement de vous conter ..

